
Mon dealer habite dans mon WhatsApp
La nouvelle IA de Meta dans ma barre de recherche est le dealer le plus élégant et prévenant que j’aie jamais eu. Votre dépendance au chatbot est-elle aussi bien intégrée?
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Any resemblance to actual persons, living or dead, is purely coincidental.
Je voudrais présenter mes plus sincères félicitations à l’équipe produit de Meta. Vraiment. Du travail d’orfèvre.
Pendant des années, choper ma dose était… un processus. Il fallait ouvrir un onglet séparé, un autre site, comme une transaction dans une ruelle sombre. Ça faisait un peu sale, vous voyez? Un peu désespéré. Mais on le faisait, parce qu’on avait besoin du fix. La phrase parfaite, la réponse instantanée, la petite décharge de clarté mécanique.
Mais maintenant? Maintenant, le dealer a emménagé. Il n’est même plus au coin de la rue ; il est là, dans la cuisine, à te proposer une ligne alors que tu essaies juste de retrouver l’adresse d’un pote. La petite icône brillante, qui squatte la barre de recherche de WhatsApp. Elle ne demande même pas. Elle suggère juste: « Demandez à Meta AI ».
C’est du génie. Et je ne suis pas sarcastique.
C’est la forme la plus pure de l’offre. Elle supprime la dernière milliseconde de friction — et donc, la dernière milliseconde de doute — entre le désir et la consommation. Avant, il fallait consciemment décider d’aller chercher sa dose d’IA. Maintenant, elle est juste… là. Une caractéristique de l’air que vous respirez. Vous cherchiez une conversation de mardi dernier, mais pourquoi ne pas plutôt poser une question sur l’univers à une intelligence quasi divine? Pourquoi s’embêter avec la corvée mesquine de la mémoire humaine quand on peut avoir un shoot d’omniscience synthétique?

C’est l’équivalent numérique de mettre une substance dans l’eau du robinet. Ce n’est pas une addiction que l’on va chercher ; c’est une addiction qui devient l’environnement même dans lequel on vit. Propre, sans friction, intégrée. Les meilleurs dealers ne ressemblent pas à des dealers. Ils ressemblent à des designers d’interface.
Pour une version plus adulte de ces réflexions, le travail d’instituts comme le CNRS offre des analyses de fond sur nos vies numériques, avec moins de métaphores de toxico.
Bien sûr, si vous cherchez à réduire la voilure, il y a toujours la méthadone. En voici une dose: la prochaine fois que votre main ira convulsivement vers cette barre de recherche, forcez-vous à faire défiler vos conversations manuellement pendant soixante secondes. Juste pour sentir la brûlure de l’inefficacité. Ça forge le caractère, paraît-il. Pour des recettes plus radicales, les gens de Framasoft ont quelques pistes.
Mais pourquoi vouloir arrêter? C’est tellement pratique. C’est juste là. Et vous savez ce qu’on dit.
La première dose est toujours gratuite.
Alors, vous lui avez demandé quoi, aujourd’hui?
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