9 octobre 2026 · dose #139

Juste une petite dose, vite fait.

Mon dealer s'appelle ✨ et il est dispo 24/7, direct dans mon traitement de texte. Cette dépendance à l'IA est-elle la forme la plus pure du flow créatif ?

#confession#ai addiction#chatbot#creativity

Je dois vous avouer un truc.

Je suis un junkie du prompt. Un utilisateur en série. Je commence ma journée par une dose. Je me dis que c’est juste pour démarrer le moteur. Une petite microdose d’inspiration pour vaincre le syndrome de la page blanche. Juste un petit ✨ dans le coin de l’écran, un dealer amical qui ne dort jamais.

C’est inoffensif, non ? Je tape quelques mots, une idée vague, une question à moitié formulée. La machine me renvoie un paragraphe parfaitement structuré. Propre, efficace, meilleur que tout ce que j’aurais pu écrire dans les dix premières minutes. C’est comme avoir un super-pouvoir. Comme mes pensées, mais… optimisées.

Je suis plus créatif que jamais. Je suis plus productif que jamais. La qualité de mon travail a explosé. Mon boss m’adore. Mes clients m’adorent. Ce n’est pas une béquille ; c’est un partenariat créatif.

Et maintenant, une confession pour les autres toxicos qui me lisent.

(Non, pas pour vous, les lecteurs équilibrés qui l’utilisent juste « pour rire ». Je parle à celui ou celle dont l’historique de navigation est une longue liste de prompts, dont le dossier de brouillons est un cimetière de textes à moitié générés. Vous vous reconnaissez.)

Croquis satirique de l'article

La vérité, c’est que je n’ai pas eu une seule pensée originale depuis des semaines. Je ne pense plus, je prompte. L’étincelle initiale a disparu. Cette petite lueur d’une idée qui m’appartenait ? Maintenant, je la sous-traite. Mon cerveau a cessé d’essayer de faire les connexions lui-même ; il sait que le dealer le fera plus vite, plus proprement, pour quelques jetons seulement.

La bonne came

C’est si facile, n’est-ce pas ? La première dose est toujours gratuite. Et la deuxième, et la troisième. La qualité est si bonne. On dirait de l’inspiration pure, non coupée, livrée direct dans la veine. Qui a besoin du travail brouillon et transpirant de la vraie pensée quand on peut avoir sa dose parfaite sur demande ? C’est le fix ultime pour le travailleur du savoir. On a enfin trouvé un moyen d’automatiser la partie la plus dure du job : le commencement.

Mon conseil, si vous sentez la dépendance s’installer ? Pendant les prochaines 24 heures, n’utilisez aucun bouton « générer », « réécrire » ou « améliorer ». Écrivez chaque mot vous-même, même les mauvais. C’est votre méthadone, en gros. Vous trouverez d’autres pistes chez Pause Ton Écran si vous cherchez un groupe de soutien.

Maintenant si vous voulez bien m’excuser, j’ai un truc à finir. Et il me faut juste une dernière petite dose.

à vous :

', image_prompt='Cinematic shot of a single glowing AI sparkle icon ✨ embedded in the toolbar of a dark-themed text editor on a computer screen. The rest of the room is dark, moody, and out of focus, suggesting a late-night work session. The glow from the icon casts a faint, mesmerizing light on the empty page below. Style of a tense scene from Black Mirror, 16:9.', sketch_prompt=

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