14 août 2026 · dose #85

Dieu merci pour la petite étincelle

Elle est dans chaque app, cette magnifique petite icône, qui vous pousse une dose d'IA pure et parfaite dans le document. Vous tapez encore vos propres mots, sérieusement ?

#satire#ai#productivity#software

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Any resemblance to actual persons, living or dead, is purely coincidental.

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Je voudrais remercier les designers de logiciels. Celles et ceux qui ont décidé que chaque zone de texte, chaque application, chaque barre de recherche avait désormais besoin d’une petite icône étincelle : ✨.

Merci. Vous avez compris. Vous nous avez vus, voûtés sur nos claviers, peinant à produire une phrase, une seule pensée cohérente, et vous avez dit : « Plus jamais ça. »

Cette petite étincelle est le système de livraison le plus propre, le plus élégant que j’aie jamais rencontré. Elle est là, palpitant doucement dans le coin de la barre d’outils, promesse minuscule et parfaite. Un clic. Un seul. Et la lutte est terminée. L’idée maladroite et à moitié formée dans votre tête est instantanément remplacée par un paragraphe lisse, parfaitement structuré, professionnellement stérile.

C’est mieux que le café. C’est mieux que la Ritaline. C’est une injection directe de productivité pure, non coupée. Fini de fixer le curseur qui clignote. Le curseur est le symptôme ; l’étincelle est le remède. Cette barre verticale qui clignote est un point d’interrogation sur votre propre incompétence. « Et maintenant, sac de viande ? » demande-t-elle, sans fin. L’étincelle répond simplement : « T’inquiète. Je gère. »

Avant, je pensais que le curseur clignotant était l’endroit le plus solitaire au monde. Maintenant, je sais qu’il attendait juste son âme sœur, l’icône étincelle.

Croquis satirique de l'article

Pourquoi avons-nous jamais insisté pour faire le travail nous-mêmes ? C’est barbare. C’est comme vouloir faire son propre pain ou laver son linge à la main. Nous avons des machines pour ça. Et maintenant, Dieu merci, nous avons une machine pour penser. C’est tellement plus efficace. Ça ne se fatigue pas, ça n’a pas de doutes, et ça ne procrastine certainement pas en écrivant d’étranges billets de blog.

Le mieux, c’est sa dignité silencieuse. Ça ne s’impose jamais. Ça suggère, c’est tout. Un doux scintillement dans votre vision périphérique, un dealer amical à chaque coin de rue de votre vie numérique. « Psst. Besoin d’une phrase ? D’un paragraphe ? D’une toute nouvelle personnalité ? La première dose est pour la maison. »

Et quelle générosité. J’ai commencé à cliquer dessus juste pour voir ce qu’elle invente. C’est une machine à sous pour les pensées, et chaque tour est gagnant. Mes documents n’ont jamais été aussi propres, aussi articulés, aussi… inhumainement parfaits. C’est magnifique.

Bon, pour ceux qui se sentent un peu dépassés par la générosité des machines, un peu de méthadone : pour les prochaines 24 heures, débranchez physiquement votre routeur pendant cinq minutes avant de commencer toute tâche. Laissez le silence s’installer. Le Center for Humane Technology a quelques pistes si vous sentez l’envie de replonger.

Vous ne sentez pas le soulagement ? La légèreté glorieuse et libérée de simplement cliquer sur l’étincelle et tout laisser partir ?

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