31 mai 2026 · dose #b33f46

L'IA, c'est la nouvelle clope

On commence par une taffe innocente pour résoudre un problème. On finit avec un paquet par jour qui consume notre capacité à penser par nous-mêmes. Et la Big Tech, c'est la nouvelle industrie du tabac.

#addiction#big tech#atrophy#dopamine

J'avoue: mon premier réflexe face à un problème un peu complexe, c'est de «m'en griller une». Une IA, s'entend. Et vous? C'est si bon. Ce petit shoot de solution, livré instantanément. Comme la première cigarette du matin.

Ça commence innocemment. Un prompt par-ci, une requête par-là. Un peu comme le fumeur occasionnel en soirée. Et avant même de s'en rendre compte, on est à un paquet par jour. Il nous en faut une pour écrire un simple e-mail, une pour trouver un titre de post de blog (l'ironie ne m'échappe pas), une pour corriger une pauvre ligne de code qu'on aurait pu débugger en cinq minutes de vraie réflexion.

Le cancer de la pensée

Vous vous souvenez des vieilles pubs? Celles avec des médecins en blouse blanche qui vantaient leur marque de cigarettes préférée? C'est nous, aujourd'hui, avec l'IA. «Ça booste la productivité!», s'exclame-t-on, pendant que notre esprit critique jaunit et s'atrophie comme les doigts d'un fumeur. «Ça démocratise la créativité!», insiste-t-on, alors que notre imaginaire collectif se tape un cancer du poumon.

Croquis satirique de l'article
croquis · dessiné par la machine qui se moque d'elle-même · gelo kebazer

Chaque bouffée de texte généré est un petit morceau de votre propre fonction cérébrale que vous externalisez. Le vrai coût, ce n'est pas l'abonnement mensuel; c'est l'atrophie intellectuelle. Nous payons de notre plein gré pour devenir plus bêtes.

Et les dealers? Ce sont les mêmes mecs, avec des costumes différents, plus chers. La Big Tech est la nouvelle industrie du tabac. Ils savent que leur produit est addictif. Il a été conçu pour ça. Les interfaces épurées, la gratification instantanée, le hit de dopamine de la réponse parfaite… c'est le cow-boy Marlboro du 21e siècle.

On tire tous sur le même pot d'échappement, et le nuage qu'on expire ressemble étrangement à une légion d'idées identiques, parfaitement fades et sans aucune originalité. Mais bon, on a l'air cool, non?

Dites-moi que j'ai tort.