
Vos gosses ne savent plus écrire (et c'est de votre faute)
On leur a refilé le produit, la première dose était gratos. Maintenant, face à la page blanche, c'est la crise de manque. C'est brutal.

Any resemblance to actual persons, living or dead, is purely coincidental.
J'ai un truc à vous avouer: je me sens comme un médecin de l'apocalypse, à diagnostiquer sans cesse la même maladie. Les patients? Les étudiants. Le mal? Une dépendance terminale à l'IA.
Ça se voit dans leur regard. Cette petite panique quand on leur demande de formuler une idée à l'oral, sans prompteur, sans un curseur qui clignote pour finir leur phrase. C'est le tic du toxico qui cherche sa prochaine dose. Et la drogue, c'est nous, les adultes de génie, qui la leur avons fournie. On a appelé ça "Copilote", "Assistant", "outil de productivité". On l'a intégré partout, dans leurs devoirs, leurs logiciels, leur quotidien. La première dose était gratuite, comme toujours.
L'atrophie du cerveau, en SaaS
Vous vous souvenez de cette agonie délicieuse face à la page blanche? Ce bodybuilding mental pour construire une argumentation cohérente, phrase après phrase, dans la douleur? Ça s'appelle la pensée. C'est un muscle. Et en ce moment, on assiste à son atrophie généralisée.

Les jeunes ne sont pas débiles. Ils sont efficients. Pourquoi se donner du mal quand un dealer numérique peut vous murmurer à l'oreille des phrases toutes faites, parfaitement structurées, sans le moindre effort? Le shoot de dopamine que tu reçois en bouclant une dissert de 10 pages en vingt minutes… c'est une tentation trop forte.
On n'élève pas une génération de créateurs. On cultive une dépendance, on fabrique des junkies du numérique qui ne distinguent plus leurs propres idées de celles de la machine.
Qu'est-ce qui se passera quand l'abonnement sera coupé ou quand le Wi-Fi plantera? Qu'est-ce qui arrivera quand ils seront en entretien d'embauche et ne pourront pas "prompter" une réponse intelligente? J'ai déjà vu le manque, le vrai. Le regard vide, un chaos d'idées à moitié formées, et la recherche fébrile, désespérée, d'un écran.
On ne leur a pas juste donné une calculatrice à mots. On leur a planté une seringue dans la tête. Et l'addition va être salée.
Dites-moi que j'ai tort.