
La nouvelle cigarette dans votre poche
Ça fait du bien, ça booste la productivité, et tout le monde le fait. Mais nous ne faisons que fumer des algorithmes à la chaîne, et le sevrage approche.

Any resemblance to actual persons, living or dead, is purely coincidental.
Je l'avoue : je ne tiens pas plus de quelques heures sans ma dose. Une petite bouffée de prompt, une longue taffe de texte généré. Ça fait du bien. On se sent productif. Vous aussi, vous sentez ça ? Ce petit shoot de dopamine quand la machine recrache exactement ce que vous vouliez ?
Soyons honnêtes. L'IA est la nouvelle cigarette.
Ça a commencé en société, n'est-ce pas ? Tout le monde essayait. « Juste pour voir ce que ça fait », disaient-ils. C'était le nouveau truc cool. Au début, c'est juste un petit boost, une façon de surmonter le syndrome de la page blanche ou de résumer un document chiant. L'équivalent moderne de la pause clope pour s'éclaircir les idées. Et puis, on commence à prompter à la chaîne. Une requête après l'autre, juste pour maintenir la sensation.
On échange un futur de pensée profonde contre la gratification instantanée du premier jet d'une machine.
De la Gauloise à ChatGPT

Pensez au tic physique. Le fumeur cherche son paquet ; vous cherchez votre téléphone. Le réflexe est le même. L'excuse est la même : « Ça m'aide à me concentrer. » Mais est-ce que c'est vrai ? Ou est-ce que ça calme juste temporairement l'anxiété de devoir vraiment réfléchir ?
Les vieilles pubs pour le tabac promettaient le glamour et la sophistication. Les évangélistes de l'IA d'aujourd'hui promettent une productivité divine et une créativité sans limites. Le produit change, mais le discours est identique : tirez une bouffée de ceci, et vous deviendrez une meilleure version de vous-même.
Le problème avec la cigarette, ce n'était pas la première taffe ; c'était les dommages lents et cumulatifs. Les dents tachées, les doigts jaunis, le cancer qui guette sous la surface. Avec l'IA, on ne crache pas nos poumons, mais on laisse peut-être notre cerveau s'atrophier. Chaque fois qu'on délègue une pensée, on affaiblit le muscle. Qu'est-ce qui se passera quand on ne saura plus new-yorkais un argument, écrire une lettre d'amour, ou même simplement s'ennuyer sans une béquille numérique ?
C'est ce sevrage-là qui m'inquiète.
Source : Je pensais aux parallèles entre le marketing de l'industrie du tabac et la hype tech actuelle. Le manuel est étrangement similaire.
Alors, vous en êtes à combien de paquets par jour ? Votre tour :