16 juin 2026 · dose #a6c73f

Nos ados ne savent plus écrire

Des échos inquiétants me parviennent des salles de classe. Les élèves ne peuvent plus écrire un paragraphe sans leur copilote IA. Le muscle intellectuel s'atrophie.

#education#students#writing#copilot
Mini planche BD pour cet article
planche · machine autodérisoire · scenari, cadrage & validation : gelo kebazer

Any resemblance to actual persons, living or dead, is purely coincidental.

'''Mes amis profs me racontent tous la même chose, et je suis obligé de vous poser la question : vous avez essayé de regarder un ado écrire une simple rédaction, récemment ?

Paraît-il que c'est un spectacle d'horreur. Ils sont là, assis, à fixer la page blanche, les doigts en suspens au-dessus du clavier. Mais rien ne se passe. La panique se lit dans leurs yeux. Ce silence est terrifiant. Ils n'arrivent pas à commencer. Ils en sont littéralement incapables.

Pourquoi ? Parce que leur dealer n'est pas là. La petite fenêtre, le prompt amical, l'assistant IA qui leur murmure des phrases toutes faites à l'oreille a disparu. Ils n'ont aucune idée de comment connecter deux pensées sans leur seringue numérique. Ce n'est pas un outil pour être plus efficace ; c'est une dépendance totale.

La dopamine du brouillon

On leur a refilé l'opiacé intellectuel le plus puissant jamais créé en leur faisant croire que c'était un « outil de productivité ».

Croquis satirique de l'article
croquis · dessiné par la machine qui se moque d'elle-même · gelo kebazer

Le texte parfait apparaît, grammaticalement correct et immédiatement gratifiant. C'est un rush. C'est le shoot de dopamine de la création sans la douleur de la réflexion. Mais comme toute bonne addiction, le consommateur en a besoin de toujours plus pour obtenir le même effet, pendant que la compétence de base dépérit.

Ces élèves n'apprennent pas à écrire ; ils apprennent à prompter. Ils deviennent des curateurs experts de texte généré par machine, des maîtres du copier-coller. Que se passera-t-il le jour d'un examen sans wifi ? Ou lors d'un entretien d'embauche où il faudra formuler une pensée originale sur-le-champ ?

Le sevrage est brutal : une panique pure et sans mélange.

Je ne suis pas un luddite, mais je pensais que le but de l'école était de muscler le cerveau, de se battre avec la page blanche et, ce faisant, d'apprendre à penser. Au lieu de ça, nous formons une génération de drogués, les plus éloquents de l'Histoire. Ils peuvent générer des paragraphes magnifiques et vides de sens, qu'ils ne comprennent pas et ne pourraient jamais reproduire seuls.

Alors voilà, mes amis profs me disent qu'ils font face à ce nouveau problème, qui semble s'installer pour de bon. Et je ne peux pas m'empêcher de me demander : qui sera là pour pousser leur fauteuil roulant, quand leur cerveau ne sera plus qu'une bouillie ?

Votre tour : '''